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Jean Maupertuis – Le Pionnier

Jean Maupertuis – Le Pionnier

« Discret et modeste à l’extrême, Jean Maupertuis n’a plus rien à prouver ou à revendiquer. Le boulot, il l’a fait il y a vingt-cinq ans en ouvrant la voie et en étant le premier vigneron nature d’Auvergne ».

Entretien avec Jean Maupertuis – Source: Livre Entre les vignes #2 avec les vignerons nature d’Auvergne, Éditions Reverse 

« J’ai commencé à faire du vin en 1993, mais de façon vraiment professionnelle en 1995. Avant ça, j’étais informaticien, c’était une autre vie. J’étais déjà passionnée de vin. Je bossais dans la vallée du Rhône. Après ma journée de travail, j’allais chez le vignerons. L’idée de faire du vin me trottait dans la tête depuis un moment et puis, en regardant les petites annonces, je suis tombé sur une petite parcelle dans le village d’à côté, à Mirefleurs. Dans les trois mois, j’ai posé ma démission et, en 1992, je suis parti à Mâcon faire une formation viti-oeno, Là bas, j’ai rencontré un gars qui était sommelier: Eric Macé (premier caviste nature à Rennes avec La Cave du Sommelier). A cette époque, les vins nature n’excitaient pas grand monde. Perso, je ne connaissais que les Bordeaux, les Bourgognes et les vins du Rhône (rires). Mais lui avait fait la rencontre de Marcel Lapierre chez qui il avait passé un an, Pierre Overnoy et tous les premiers gars qui faisaient des des vins sans soufre. Quand il m’a fait découvrir ces vins pour la première fois, j’ai été assez surpris. Il m’a fallu deux, trois mois avant de les comprendre. Et puis, un matin, on se lève et on se dit « Ah ouais, le vin finalement, c’est ça ». Je me suis alors dit que, si je faisais su vin, ce serait du vin comme ça. Dès mes premiers millésimes, j’ai donc fait des vins sans soufre et sans aucun intrant. Bon, j’ai connu quelques ratages évidemment (rires). J’ai ensuite rencontré Jaques Néauport, qui est venu ici deux ou trois fois pour me conseiller au tout débout. »

« Je n’aime pas avoir des étiquettes »

« Des le départ, je savais que l’on pouvait faire du vin ici. Déjà, il y a ces sols volcaniques qui m’attiraient énormément. Ensuite, climatiquement, il y avait certaines avantages pour faire des vins sans soufre: cette fraîcheur naturelle, les nuits froides tout cela est favorable. C’est un avantage pour les maladies, notamment la pourriture, c’est quelque chose que l’on ne connaît pas. Au final, je traite très peu, seulement trois fois par an, et ça suffit pour éviter les maladies. Après, un niveau du sol… Disons qu’au tout début, je ne sais pas si je me posais beaucoup de questions sur le sujet.

Au-delà du volcanique, on a tous les sols possibles et imaginables. Ici, j’ai des débris de roche sédimentaire. Mes blancs, au nord de Riom, sont sur granite. A Madargue, ce sont des sables de feldspaths. Sous Gergovie, ce sont des cendres volcaniques. Et puis il y a des argile-calcaires, évidemment. J’ai un pote géologue qui vient de temps en temps m’expliquer des trucs dans les vignes. Ce que j’aime dans ce métier, c’est que l’on touche un très grand nombre de sujets. C’est aussi ce qui m’intéressait là-dedans. Il y a la géologie, mais aussi la vie des sols, la microbiologie.

Je ne suis pas en bio même si, chaque année, je réfléchis à y passer (rires). C’est l’aspect papiers, l’administratif, qui me rebute. Il faut redéclarer les parcelles, etc. A chaque fois, je me dis « On verra ça plus tard » et voilà (rires). C’est dommage, car je perds mille euros d’aide publique chaque année. Donc je ne sais rien du tout, aucun label, je n’ai jamais fait partie d’aucune association non plus. Je n’aime pas avoir des étiquettes. Et puis, même si j’étais bio, je ne le mettrais pas sur mes étiquettes.

Enfin, même si ce n’est pas labellisé, c’est bien en bio. Après on me croit ou on me croit pas (rires). Car ce n’est pas en goutant les vins qu’on peut savoir si un produit chimique a été rajouté à un moment ou à un autre. Ici, je n’utilise que du cuivre et du soufre. Je ne fais pas de tisanes. En revanche, cette année, je commence quelques essais de biodynamie. C’est mon apprenti qui me pousse. On va conduire la moitié de la parcelle en biodynamie et l’autre en bio. Je veux tester. J’attendais simplement que quelqu’un me pousse (rires).

Après, il faut du matériel. Mais comme Vincent Marie a acheté un gros dynamiseur, on en a tous profité. On a fait ça tous ensemble avec Patrick (Bouju). Après, comment ne pas être sceptique avec la biodynamie ? Moi je suis un peu comme Fred (Gounan). J’en prends une partie. Je me méfie des gens qui sont conquis, mais un gars comme Fred par contre, je l’écoute. Il n’y a que si on teste par soi-même que l’on peut se faire sa propre idée. »

Retrouvez les vins de Jean Maupertuis sur notre site:

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